Compléments alimentaires : ce que révèlent les contrôles officiels

Gélules, gummies, ampoules : le marché des compléments grossit vite, des parapharmacies aux salles de sport. Voici ce que les contrôles officiels y trouvent, et comment choisir sans se faire avoir.

Réponse courte : La DGCCRF a publié le 3 novembre 2025 le bilan de ses contrôles 2023 : sur 270 établissements, un tiers présentait des anomalies, d'allégations interdites à des dosages faux. Sur 45 compléments pour enfants analysés, 27 n'étaient pas conformes, surtout pour leur teneur en vitamines (déficit dans 41 % des analyses, excès dans 27 %). L'ANSES rappelle qu'un complément ne se justifie que pour un besoin que l'alimentation ne couvre pas.

L'enquête DGCCRF en chiffres (contrôles 2023)

ConstatPérimètreValeur
Établissements contrôlésFabricants, distributeurs, sites, salles de sport270
Établissements en anomalieEnsemble1 sur 3
Non-conformitésProduits pour enfants20 %
Non-conformitésAutres produits37 %
Produits pour enfants non conformes45 analysés27
Déficit en vitaminesAnalyses de produits pour enfants41 %
Excès en vitaminesAnalyses de produits pour enfants27 %
Levure de riz rouge non conforme20 produits contrôlés17

Un établissement sur trois en anomalie

L'enquête, menée en 2023, a visé 270 établissements : fabricants, distributeurs, parapharmacies, salles de sport, sites internet. Un tiers présentait au moins une anomalie. Le taux de non-conformité était de 20 % pour les produits destinés aux enfants et de 37 % pour les autres.

Les contrôleurs ont relevé des allégations thérapeutiques interdites, qui prêtent au produit le pouvoir de prévenir ou soigner une maladie, des promesses « anti-gueule de bois » ou d'aide au sevrage alcoolique, et des références à des médecins pour vanter un produit.

La levure de riz rouge, cas d'école

Depuis le 22 juin 2022, la monacoline K de la levure de riz rouge doit rester sous 3 mg par jour, et l'allégation sur le cholestérol n'est plus permise : il faudrait 10 mg par jour pour un effet. 17 des 20 produits contrôlés étaient non conformes. Un produit dosé à 8 mg a été retiré et rappelé.

Les compléments pour enfants analysés

45 produits destinés aux enfants ont été analysés en laboratoire, et 27 étaient non conformes. Dans 90 % des cas, la teneur réelle en vitamines ou minéraux ne correspondait pas à l'étiquette : déficit en vitamines dans 41 % des analyses, excès dans 27 %. Les vitamines C, A, E et D étaient les plus concernées.

Pour la vitamine D, plus de 23 % des 34 prélèvements étaient non conformes, sans dépassement de la limite de sécurité. Pour le magnésium, plus de 38 % des 13 échantillons.

Les suites données

71 injonctions, 25 procès-verbaux pénaux, 5 procès-verbaux administratifs et 67 avertissements, dont une partie pour des produits destinés aux enfants.

Ce que dit l'ANSES

Un complément se justifie pour couvrir un besoin que l'alimentation courante ne couvre pas : allergies, régimes d'exclusion, certaines maladies métaboliques. Pour le reste, l'ANSES conseille d'abord de rééquilibrer son alimentation et d'en parler à un professionnel de santé.

Son dispositif de nutrivigilance avait recueilli plus de 5 000 signalements d'effets indésirables depuis 2009. L'agence cite des nourrissons hospitalisés après un surdosage de vitamine D et une hépatite fulminante mortelle liée à un complément minceur.

Certaines plantes agissent comme des médicaments. Pour la berbérine, l'ANSES relève des effets pharmacologiques dès 400 mg par jour et la déconseille notamment aux enfants, aux femmes enceintes ou allaitantes, aux personnes diabétiques et à celles qui ont des troubles du foie ou du cœur.

Bien choisir un complément

Se demander d'abord si on en a besoin, en parler à son médecin ou à son pharmacien, surtout avec un traitement en cours. Fuir les promesses de guérison : un complément alimentaire n'a pas le droit de prétendre traiter une maladie.

Un effet indésirable après un complément se signale sur le portail officiel signalement-sante.gouv.fr.

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Questions fréquentes

  • Ils ne sont pas évalués comme des médicaments avant leur mise sur le marché. Les contrôles se font surtout ensuite, par la DGCCRF, qui vérifie étiquettes, allégations et composition.

  • Sur le portail signalement-sante.gouv.fr. Les signalements alimentent la nutrivigilance de l'ANSES.

  • Les salles de sport faisaient partie des lieux contrôlés. Pour la créatine, la whey ou la caféine, nos pages dédiées détaillent les doses étudiées et les risques.

Sources (3)

  1. Compléments alimentaires : des anomalies encore trop nombreuses, DGCCRF, 3 novembre 2025
  2. Les compléments alimentaires sont-ils utiles pour notre santé ?, ANSES, 26 février 2022
  3. Use of berberine-containing plants in food supplements, ANSES, 25 novembre 2019